Vues et perspectives
Investissements actifs en actions

Pourquoi privilégier les stratégies « income » sur les marchés émergents ?

Souvent associés aux titres « growth », les marchés émergents constituent pourtant un univers de revenus particulièrement attractif pour les investisseurs actifs inscrits dans une logique de rendement total.

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Les marchés émergents sont encore majoritairement perçus sous l'angle de la croissance (« growth »). Une grille de lecture qui peut faire passer à la trappe un autre élément clé du tableau.

Aujourd’hui, les marchés émergents offrent également un vaste univers d’« income », de plus en plus attractif pour les investisseurs actifs en quête de rendement total.

Nous pensons que la combinaison d’opportunités de dividendes en expansion et d’un potentiel de croissance structurelle en fait une source d’opportunités attrayante, encore souvent sous estimée.

L’investissement « income » : une approche pertinente sur les marchés émergents

Cette approche est souvent associée aux marchés matures. Pourtant, les données montrent que les marchés émergents offrent aujourd’hui un univers plus profond et mieux établi que ne le perçoivent encore de nombreux investisseurs.

Les entreprises versant des dividendes y sont désormais devenues la norme plutôt que l’exception. Depuis 2010, la proportion d’entreprises des marchés émergents distribuant des dividendes – environ 85 % – a fréquemment dépassé celle observée sur les marchés développés (voir graphique 1).

Chart 1: More companies paying dividends in EM than in DM

Cette évolution reflète l’amélioration de la gouvernance d’entreprise, le renforcement des bilans et une attention accrue portée à la génération de rendement pour les actionnaires.

Tout aussi déterminant est le niveau de revenu disponible. Plus de la moitié des entreprises des marchés émergents affichent un rendement du dividende supérieur à 3 %, ce qui renforce la pertinence des stratégies « income » au sein de cette classe d’actifs (voir graphique 2).

Chart 2: More than 50% of EM companies have a dividend yield above 3%

Il est essentiel de noter que ces flux de revenus reposent de plus en plus sur des moteurs de croissance structurels. Dans le secteur technologique, par exemple, de nombreuses entreprises des marchés émergents occupent une place centrale dans les chaînes d’approvisionnement mondiales des semi conducteurs, des infrastructures de connectivité et des composants électroniques.

La hausse de la demande liée à l’intelligence artificielle et à la numérisation contribue ainsi à soutenir à la fois la croissance des bénéfices et la capacité de distribution de dividendes.

L’investissement « income » se limite-t-il aux télécommunications et aux services aux collectivités ?

Une idée répandue consiste à associer l’investissement « income » à un univers d’opportunités restreint, concentré sur des secteurs défensifs traditionnels.

Dans les marchés émergents, cette perception ne reflète pas la réalité. Les opportunités de dividendes couvrent un large éventail de secteurs, notamment les financières, les matériaux, l’énergie et la technologie (voir graphique 3).

Chart 3: Market cap weighted yield by sector

Les secteurs liés aux infrastructures illustrent particulièrement bien cette diversité. La demande en électricité, en électrification et en modernisation des réseaux est en hausse, portée notamment par les tendances de numérisation et de transition énergétique. Les matériaux, comme le cuivre, ainsi que les évolutions des chaînes d’approvisionnement énergétiques, mettent en évidence la diversité des sources de revenus, au delà des secteurs traditionnellement associés aux rendements élevés.

Cette diversification s’observe également d’un point de vue géographique. Des opportunités significatives en matière d’« income » existent dans un large éventail d’économies, de l’Asie à l’Amérique latine, en passant par le Moyen Orient et l’Europe de l’Est (voir graphique 4).

Chart 4: Market cap weighted yield by country

Pris ensemble, ces éléments remettent en question l’idée selon laquelle l’investissement « income » dans les marchés émergents serait limité ou purement défensif. Il offre au contraire des opportunités de revenus diversifiées, tant sur le plan sectoriel que géographique.

Rendement et croissance : des dynamiques complémentaires

Une autre idée reçue consiste à penser que l’investissement « income » se fait au détriment de la croissance. Dans les marchés émergents, nous pensons que la réalité est souvent tout autre.

Les dividendes dans les marchés émergents ont fortement progressé au fil du temps, soutenus par l’amélioration des fondamentaux et l’expansion économique. Depuis le début des années 2000, leur croissance a nettement dépassé celle observée sur les marchés développés, avec un taux de croissance annuel composé proche de 12 % sur les deux dernières décennies (voir graphique 5).

Chart 5: Dividend growth in EM over the last two decades

Cette évolution reflète à la fois la progression des bénéfices des entreprises et la hausse des taux de distribution à mesure que les sociétés arrivent à maturité.

Plus important encore, cette dynamique repose sur des tendances structurelles de long terme. L’augmentation des investissements dans les infrastructures, le développement des technologies numériques et la montée de la demande des consommateurs contribuent à la génération de flux de trésorerie plus robustes et plus durables.

À mesure que les revenus progressent et que les classes moyennes se développent dans les marchés émergents, les grandes marques domestiques bénéficient d’une demande accrue et d’une amélioration de leur rentabilité — créant un environnement favorable à la croissance des dividendes.

En d’autres termes, rendement et croissance ne sont pas opposés dans les marchés émergents : ils sont étroitement liés.

Les deux composantes du rendement total

Les revenus ont toujours été un facteur important de la performance totale sur les marchés émergents.

Les rendements des dividendes sur les marchés émergents ont figuré parmi les plus élevés par rapport aux autres régions de l’univers MSCI au cours des deux dernières décennies (voir graphique 6). 

Chart 6: Contribution of dividends to total returns

L'effet de capitalisation des versements de dividendes représente environ la moitié des rendements pour les investisseurs. Parallèlement, la composante de rendement des cours est principalement tirée par la croissance des flux de trésorerie, qui alimente également la croissance des dividendes.

Si les rendements totaux résultent d’une combinaison de rendements de cours et de dividendes, il est essentiel de noter que les revenus ont joué un rôle significatif et constant au fil du temps.

Cela reflète un cercle vertueux : une forte croissance économique soutient les bénéfices, qui à leur tour soutiennent la croissance des dividendes, renforçant ainsi la composante « revenu » des rendements.

Pourquoi maintenant ?

Malgré les incertitudes géopolitiques persistantes, les perspectives de long terme des marchés émergents demeurent solides.

Cette classe d’actifs semble entrer dans les premières phases d’un nouveau cycle haussier, soutenu par un cycle mondial renouvelé d’investissements (capex). Plusieurs évolutions structurelles — notamment le renforcement de la sécurité énergétique, la résilience des chaînes d’approvisionnement, l’augmentation des dépenses de défense et les investissements liés à l’intelligence artificielle — stimulent les investissements à l’échelle mondiale.

Ces tendances correspondent étroitement aux atouts des marchés émergents, à la fois en tant que producteurs de ressources clés et en tant qu’acteurs incontournables des chaînes d’approvisionnement et des écosystèmes technologiques mondiaux.

Les valorisations constituent également un facteur de soutien. L’indice MSCI Emerging Markets continue de s’échanger avec une décote d’environ 40 % par rapport au S&P 500, malgré les récentes performances, tandis que les anticipations de bénéfices ont été révisées à la hausse.

Cette combinaison de valorisations attractives et d’un momentum bénéficiaire en amélioration pourrait offrir un environnement favorable aux gérants actifs.

Conclusion

Les marchés émergents s’imposent progressivement comme une destination incontournable pour les investisseurs en quête de revenus.

Les entreprises distribuant des dividendes y sont désormais largement répandues : la majorité des sociétés verse un revenu, et plus de la moitié affichent des rendements supérieurs à 3 %.

Dans le même temps, la croissance des dividendes est restée soutenue, portée par l’amélioration des fondamentaux et des tendances économiques structurelles.

Surtout, les opportunités sont larges et diversifiées, tant sur le plan sectoriel que géographique, et s’inscrivent dans des thématiques d’investissement de long terme telles que la technologie, les infrastructures ou la consommation.

Pour les investisseurs prêts à aller au delà du narratif traditionnel centré sur la croissance, les marchés émergents offrent une proposition plus nuancée : un potentiel de revenus attractif dès aujourd’hui, associé à une exposition à des moteurs structurels susceptibles de soutenir le rendement total dans la durée.

Prochaines étapes

Capacités présentées

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