Vues et perspectives
ObligationsCrédit mondial : trouver le juste équilibre entre rendement et risque
Découvrez une partie souvent négligée du marché du crédit qui peut offrir un équilibre entre rendement et risque.
Author
Nathaniel Wilson
Investment Specialist, Fixed Income

Duration: 5 Min
Date: 05 oct. 2026
On dit souvent aux investisseurs qu’ils sont confrontés à un compromis difficile lorsqu’ils recherchent du revenu. S’en tenir aux obligations de meilleure qualité et accepter des rendements plus faibles. Se tourner vers les obligations à haut rendement et prendre un risque nettement plus élevé. Nous pensons que ce choix est souvent exagéré.
À la frontière entre les obligations « investment grade » et les obligations à haut rendement se trouve une partie du marché obligataire qui a historiquement offert un équilibre attractif entre risque et rendement. Les obligations notées BBB, qui constituent le bas de la fourchette « investment grade », et celles notées BB, qui représentent le haut de gamme des obligations à haut rendement, occupent ce que nous considérons comme le « juste milieu » du crédit mondial. Historiquement, ce segment a généré des rendements plus proches de ceux des obligations à haut rendement, tout en présentant des caractéristiques de risque plus proches de celles des obligations « investment grade ».
Pour les investisseurs en quête de revenus, cette combinaison est séduisante.
Le défi consiste à savoir où chercher. Cela implique d’aller au-delà des indices de référence traditionnels, des régions individuelles et de l’hypothèse selon laquelle toutes les obligations à haut rendement présentent les mêmes risques. Chez Aberdeen, c’est exactement ce que nous cherchons à faire. Voici comment.
Pourquoi le revenu reste fermement dans notre ligne de mire
Nous pensons que les arguments en faveur du crédit mondial restent convaincants. Des rendements attractifs, des bilans d’entreprises résilients et un nombre croissant d’« étoiles montantes » continuent de plaider en faveur du crédit mondial. L’absence de « mur d’échéances » significatif sur le segment à haut rendement renforce également les perspectives de faibles taux de défaut.
Certes, les spreads se sont resserrés, mais la hausse des taux directeurs et des rendements des obligations d’État signifie que les investisseurs peuvent toujours accéder à des niveaux de revenu qui leur étaient inaccessibles pendant une grande partie de la période qui a suivi la crise financière. Il est important de noter que des rendements initiaux plus élevés ont constitué un moteur clé des rendements futurs des titres à revenu fixe. Ils peuvent également offrir un précieux coussin de sécurité en période de volatilité des marchés.
Pour les investisseurs détenant actuellement des liquidités, des dépôts à terme ou des fonds monétaires, cela constitue un élément important à prendre en compte. Dans l’environnement actuel, l’enjeu n’est pas simplement de maximiser le rendement, mais de construire une source de revenus diversifiée capable de continuer à jouer son rôle à mesure que les conditions de marché évoluent.
Au-delà des étiquettes
Tout d’abord, dissipons un mythe. De nombreux investisseurs entendent le terme « haut rendement » et pensent immédiatement « risque élevé ». La réalité est plus nuancée.
Le segment « haut rendement » couvre un large éventail d’entreprises et de profils de crédit. Un émetteur noté BB peut présenter des caractéristiques très différentes de celles d’une entreprise en grande difficulté située à l’extrémité inférieure du marché. Par le passé, une grande partie du risque de défaut au sein du segment « haut rendement » s’est concentré sur les émetteurs les plus fragiles, tandis que les titres de meilleure qualité ont fait preuve d’une bien plus grande résilience.
Cette distinction est importante, car réussir dans l’investissement axé sur le revenu ne consiste pas simplement à maximiser le rendement. Il s’agit de s’assurer que les investisseurs sont correctement rémunérés pour les risques qu’ils prennent.
C’est l’une des raisons pour lesquelles nous nous concentrons sur le segment de transition entre les notations BBB et BB. Situé entre les segments à faible rendement de la catégorie « investment grade » et les segments les plus en difficulté du segment « high yield », il offre, selon nous, l’une des opportunités risque/rendement les plus attractives sur les marchés mondiaux du crédit.
Repérer des opportunités mal valorisées
Identifier les bons segments du marché n’est qu’un point de départ. Au sein de chaque catégorie de notation, on trouve des entreprises solides, d’autres plus fragiles, ainsi que des sociétés dont les perspectives évoluent rapidement. Nous pensons que bon nombre des meilleures opportunités en matière de crédit apparaissent lorsque les perceptions du marché sont en décalage par rapport aux fondamentaux des entreprises. Grâce à une analyse ascendante, nous cherchons à identifier les titres de crédit dont la valorisation est erronée avant qu’ils ne soient pleinement reconnus par l’ensemble du marché.
Un domaine que nous trouvons particulièrement attractif est celui des « étoiles montantes » : des entreprises dont la solidité financière s’améliore et qui pourraient à terme passer de la catégorie « haut rendement » à la catégorie « investment grade ».
Prenons l’exemple de Shriram Finance. Ce prêteur indien a renforcé son activité et son bilan, soutenu par une forte croissance et des investissements stratégiques. À mesure que la confiance dans l’entreprise s’est améliorée, sa notation de crédit a été relevée de BB+ à BBB-.
C’est là qu’une sélection rigoureuse des titres de crédit peut faire la différence : identifier les entreprises en progression avant que le marché dans son ensemble ne prenne pleinement conscience de ce changement.
Une vision mondiale
Une autre idée reçue consiste à penser que les opportunités de rendement les plus intéressantes se concentrent dans une seule région, en particulier aux États-Unis. Bien que ce pays reste un marché important, nous pensons que les investisseurs ont tout intérêt à examiner l’ensemble de l’univers mondial des obligations d’entreprises.
Une approche mondiale nous permet de diversifier nos investissements entre différentes économies, différents secteurs et différents cycles de crédit tout en élargissant le champ des opportunités de revenu au sein de l’univers mondial des obligations d’entreprises – de l’Europe aux États-Unis, en passant par l’Asie et les marchés émergents.
Les différentes régions traversent les cycles économiques à des rythmes différents. Les changements réglementaires, les politiques gouvernementales et les tendances sectorielles peuvent faire émerger des opportunités intéressantes là où on ne les attend pas.
Eutelsat, l’opérateur européen de télécommunications par satellite, en est un exemple. L’importance stratégique de la société s’est accrue à mesure que la demande en infrastructures européennes de communication et de défense s’est développée. Un financement public favorable a renforcé sa situation financière et amélioré la confiance du marché dans ses perspectives d’avenir.
Conclusion…
Le choix auquel sont confrontés investisseurs en quête de revenus est souvent présenté comme un dilemme : rester sur des actifs à faible rendement ou prendre un risque nettement plus élevé pour obtenir des rendements plus élevés. Nous pensons qu’il existe un juste milieu.
En se concentrant sur des opportunités soigneusement sélectionnées sur les marchés mondiaux du crédit, en menant des analyses rigoureuses et en adoptant une approche disciplinée en matière de risque, les investisseurs peuvent potentiellement accéder à des revenus attractifs sans s’aventurer inutilement vers les segments les plus risqués.
La recherche de revenus ne doit pas nécessairement se limiter aux liquidités, ni nécessiter de se lancer dans des placements plus risqués. Parfois, les meilleures opportunités se trouvent entre les deux : le juste milieu du crédit mondial.
Les sociétés sont sélectionnées à titre purement illustratif afin de présenter le style de gestion décrit dans le présent document et ne constituent en aucun cas une recommandation d’investissement ni une indication de performances futures.




