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The WittLorsque les gros titres font bouger les marchés, ne rien faire peut être la décision d’investissement la plus difficile à prendre
Prendre des décisions dans un contexte d’incertitude : comment savoir quels gros titres méritent une réaction ?
Author
Nathan Hamilton
Investment Analyst
Duration: 4 Min
Date: 17 août 2026
Quand on me demande ce qui fait évoluer les taux des obligations d’État à court terme, on s’attend généralement à une réponse classique : les anticipations d’inflation, les données sur le marché du travail, les orientations de la banque centrale et la manière dont ces facteurs interagissent.
Pourtant, certaines des décisions d’investissement les plus difficiles auxquelles j’ai été confronté ont été prises pendant des périodes où les marchés réagissaient à l’actualité plutôt qu’aux données.
Avoir traversé des épisodes tels que la victoire électorale de Donald Trump en 2024, les tensions entre les États-Unis et l’Iran ou encore les périodes d’incertitude politique au Royaume-Uni et en France m’a appris que la véritable difficulté consiste à déterminer quels gros titres méritent une réaction.
Dernièrement, j’ai réfléchi aux réseaux sociaux et aux gros titres susceptibles d’influencer les marchés qu’ils peuvent générer. En cette période d’incertitude géopolitique accrue, ce mode de communication est devenu plus courant et plus influent.
Historiquement, les changements politiques majeurs étaient communiqués par le biais de déclarations soigneusement préparées, de conférences de presse programmées et de communications officielles. Aujourd’hui, les marchés peuvent réagir en quelques secondes à la publication d’un message ou d’un commentaire sur les réseaux sociaux.
Pour moi, la question difficile n’est pas de savoir si les gros titres font bouger les cours. C’est clairement le cas. La grande question est de déterminer quand un gros titre est une information, quand il s’agit de bruit, et quand ne rien faire est la décision la plus active qui soit.
Quand aller à contre-courant
Il arrive parfois que le marché réagisse de manière excessive.
Les périodes d’incertitude peuvent pousser les investisseurs à réduire rapidement leur exposition au risque, en particulier lorsque les investisseurs recourant à l’effet de levier, les hedge funds et les stratégies systématiques amplifient le mouvement initial.
En tant qu’investisseur à long terme, ces moments peuvent créer des opportunités de s’opposer au discours dominant, mais uniquement si les fondamentaux restent intacts.
Aller à contre-courant d’un marché guidé par les gros titres peut être inconfortable, même lorsque les fondamentaux suggèrent que le mouvement est allé trop loin.
Quand accompagner le mouvement
Les réactions excessives existent, mais il ne faut pas systématiquement se détourner de chaque mouvement lié à l’actualité.
Les marchés réagissent souvent avant que les économistes ou les décideurs politiques n’aient pleinement intégré les nouvelles informations dans leurs prévisions, et cette dynamique peut être tout aussi importante que les valorisations.
Je ne sais peut-être pas exactement comment les événements vont évoluer, mais je peux néanmoins juger si le positionnement, la liquidité et la dynamique vont dans le même sens. Dans ces moments-là, soutenir le mouvement peut être la bonne décision, même avant que l’impact économique ne soit clair.
La leçon à retenir ici est que les cours peuvent évoluer avant les fondamentaux. Attendre d’y voir tout à fait clair n’est pas toujours une option.
Quand ne rien faire est un choix actif
C’est souvent le choix le plus difficile.
Les gérants de portefeuille sont souvent poussés à réagir. Chaque nouvelle information peut sembler urgente sur le moment, puis se fondre dans le bruit du marché quelques jours plus tard.
Les fluctuations des cours de l’énergie en sont un bon exemple. Les variations brutales des prix du pétrole et du gaz naturel suscitent des inquiétudes concernant l’inflation, la croissance et la politique monétaire. Les marchés des taux peuvent être très sensibles à ces changements, les rendements des obligations à court terme et la dynamique de la courbe des taux réagissant rapidement à l’évolution de l’actualité.
Si certains chocs ont une réelle incidence économique, beaucoup s’avèrent temporaires. Les investisseurs qui réagissent à chaque fluctuation du sentiment risquent de laisser la volatilité à court terme dicter leurs décisions de portefeuille à long terme.
Dans ces situations, ne rien faire peut constituer un choix délibéré. Plus la logique d’investissement sous-jacente est solide, plus il devient facile de tolérer les turbulences à court terme du marché.
La conviction n’est pas de l’entêtement
La véritable décision consiste rarement à déterminer si un titre d’actualité a de l’importance. Il s’agit plutôt de savoir quel poids accorder à ce titre par rapport à la valorisation, au positionnement, à la liquidité et à l’argumentaire d’investissement initial.
La volatilité induite par l’actualité n’est pas près de disparaître. Pas plus que les opportunités qu’elle peut créer.
Au contraire, les tendances récentes suggèrent que nous devrions nous attendre à davantage de volatilité.
La question qui me revient sans cesse est la suivante lorsqu’un gros titre fait beaucoup de bruit, mais que la thèse d’investissement reste intacte, ai-je la discipline nécessaire pour ne rien faire ?
À propos de l’auteur
Nathan Hamilton
Nathan est un Nathan est spécialiste des marchés de taux et consacre une grande partie de son temps à l'analyse des banques centrales, des économies et des marchés obligataires souverains.
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