Vues et perspectives
Plus petites entreprisesPetites capitalisations américaines : un « déjà-vu » qui se répète ?
Une vision de 2025 ? Un retour à un comportement boursier familier alors que la volatilité, la concentration et les changements de style persistent.
Auteurs
Christopher Colarik
Small Cap Portfolio Manager
Tom Harvey
Senior Equity Specialist

Duration: 5 Min
Date: 07 août 2026
Appelons cela l’effet « Jour de la marmotte » : les marchés chutent, rebondissent, puis – presque comme sur commande – répètent le même schéma.
Ce sentiment de répétition a marqué l’expérience des investisseurs dans les petites capitalisations américaines en 2026. Des périodes de fortes baisses ont été suivies de rebonds tout aussi vigoureux, souvent menés par les mêmes segments du marché. La question qui se pose à l’approche du troisième trimestre est de savoir si ce cycle va se poursuivre ou si un changement plus durable dans la dynamique du marché commence à s’installer.
Le comportement récent des marchés suggère un retour aux schémas observés pour la dernière fois en 2025. Alors que les petites capitalisations ont continué à surperformer les grandes capitalisations, le leadership au sein de cette classe d’actifs a été inégal, voire parfois contre-intuitif, des entreprises de moindre qualité et déficitaires ayant tiré la performance vers le haut lors de périodes clés.1,2
Des titres phares en force, une réalité contrastée
D’un point de vue général, les petites capitalisations américaines restent sur des bases solides. L’indice Russell 2000 affiche une hausse de 18,1 % depuis le début de l’année, prolongeant ainsi sa période de relative vigueur par rapport aux actions à grande capitalisation.1,2
En réalité, cependant, la situation est plus complexe.
Les performances ont été très concentrées, un sous-ensemble relativement restreint de titres générant une part disproportionnée des rendements.
Les performances ont été très concentrées, un sous-ensemble relativement restreint de titres générant une part disproportionnée des rendements.1 Ces derniers mois ont systématiquement montré que, tandis que l’indice progressait, la majorité des entreprises n’enregistraient que des gains plus modestes.1
Le mois de mai en est un exemple flagrant. Le Russell 2000 a progressé de 4,4 %, mais la participation à l’ensemble de l’indice est restée limitée, une poignée de titres représentant l’essentiel de cette hausse.3 Cette dispersion continue de caractériser l’environnement de marché actuel – un marché qui progresse, mais de manière inégale.
Un marché restreint et un contexte difficile
Cette concentration a créé un environnement particulièrement difficile pour la gestion active.
Ces derniers mois, le leadership du marché s’est de plus en plus orienté vers des segments à bêta élevé et plus spéculatifs. Les entreprises de moindre qualité et déficitaires ont surperformé, souvent pendant des périodes de reprise rapide du marché.4
Nous estimons que ces dynamiques ont rendu difficile pour les approches fondées sur les fondamentaux – en particulier celles qui mettent l’accent sur la rentabilité et la solidité du bilan – de suivre le rythme.
La concentration étroite du leadership du marché a affecté l’ensemble du paysage de la gestion active…
Il est important de noter que ce phénomène ne s’est pas limité à une stratégie ou à un gestionnaire en particulier. La concentration du leadership du marché a affecté l’ensemble du paysage de la gestion active, de nombreuses approches étant confrontées à des difficultés similaires.
De tels contextes ne sont pas rares. Les périodes où un petit nombre de titres domine les rendements des indices se sont historiquement révélées difficiles pour les styles d’investissement plus sélectifs, en particulier lorsque la performance est moins étroitement alignée sur les fondamentaux sous-jacents.
Un cycle volatil
L’une des caractéristiques les plus marquantes de l’année 2026 a été le revirement brutal du leadership des facteurs – en particulier en ce qui concerne la qualité.
De la fin de l’année 2025 jusqu’au début de cette année, les entreprises rentables ont surperformé. Cette tendance s’est toutefois inversée de manière significative au deuxième trimestre, lorsque les entreprises de moindre qualité et déficitaires se sont hissées au premier plan de la performance du marché.4
Cette rotation s’explique par un ensemble de caractéristiques bien connues :
Dans le même temps, les entreprises affichant des indicateurs de rentabilité plus solides ou des profils de bénéfices plus stables ont pris du retard.1
Bien que ces cycles soient courants, l’ampleur et la rapidité du récent revirement ont été remarquables. Les épisodes où les valeurs de qualité sous-performent à ce point ont historiquement été relativement rares et souvent de courte durée.
Des signes d’élargissement ou une poursuite de la tendance actuelle ?
Malgré ces dynamiques à court terme, certains indices laissent penser que le contexte général pour les petites capitalisations pourrait être en train d’évoluer.
Les petites capitalisations surperforment les grandes capitalisations depuis avril 2025, et cette tendance s’est poursuivie en 2026.3,4 Une répartition plus équilibrée des rendements – si elle se confirme – pourrait favoriser une participation plus large à l’ensemble de la classe d’actifs.
Cependant, le comportement récent du marché souligne à quel point cette transition peut être inégale. Le leadership continue de basculer rapidement d’un style à l’autre et d’un segment à l’autre, souvent sous l’influence de l’évolution du sentiment et des conditions de liquidité plutôt que d’un changement fondamental.
Il en résulte une alternance de phases de stagnation et de reprise : des périodes de participation plus large, davantage guidée par les fondamentaux, sont interrompues par des rebonds plus marqués, portés par la dynamique de marché.
Que nous réserve le troisième trimestre ?
À l’horizon, nous pensons que plusieurs questions marqueront le troisième trimestre :
- La surperformance des petites capitalisations par rapport aux grandes capitalisations va-t-elle se poursuivre ?Les solides rendements enregistrés depuis le début de l’année suggèrent un regain d’intérêt de la part des investisseurs, mais le maintien de cette dynamique pourrait dépendre d’une participation plus large à travers les entreprises et les secteurs.
- Le leadership du marché va-t-il s’élargir ou rester concentré ?Un profil de rendement plus diffus offrirait probablement un environnement plus favorable aux approches fondées sur les fondamentaux.
- Et la qualité va-t-elle s’imposer à nouveau ?Si les derniers mois ont favorisé les segments de moindre qualité, les cycles de marché à plus long terme ont historiquement récompensé les entreprises affichant une rentabilité et des bilans plus solides.
CONCLUSIONS
S'agit-il donc d'un « déjà-vu » ? À bien des égards, oui. Les marchés ont une nouvelle fois traversé des phases familières : des replis brutaux, des rebonds rapides et des périodes où les actions de moindre qualité ont dominé les performances. Nous pensons toutefois qu'il existe également des signes d'évolution. Les petites capitalisations surperforment les grandes, la dispersion reste élevée et le leadership du marché – bien que parfois restreint – change plus fréquemment. Pour les investisseurs, cette combinaison présente à la fois des défis et des opportunités. Si la dynamique à court terme peut continuer d’être façonnée par le sentiment et la liquidité, le contexte général suggère que la différenciation entre les entreprises reste importante. Si le premier semestre 2026 a semblé familier, le second semestre pourrait finalement déterminer si cette familiarité cède la place à quelque chose de plus durable ou si elle ne fait que se répéter une fois de plus.


