Vues et perspectives
Actions des marchés émergentsActions « income » émergentes : les questions à un milliard de dollars
Notre gérant principal revient sur les principaux enseignements tirés de plus d’une décennie de gestion de notre stratégie d’actions « income » émergentes et partage sa vision des opportunités à venir pour cette classe d’actifs.
Author
Matt Williams
Senior Investment Director

Duration: 8 Min
Date: 16 juil. 2026
Sur un marché souvent marqué par la volatilité et les gros titres, quels sont les véritables moteurs des marchés émergents ?
Fort de l’évolution de notre stratégie, que nous gérons depuis 2012, et du récent franchissement du seuil d’un milliard de dollars d’encours par notre dernier véhicule d’investissement lancé en 2024, Matt Williams, gérant principal, répond à neuf questions clés sur les moteurs de performance, les principes d’investissement qui sous-tendent notre approche et les raisons pour lesquelles les perspectives des marchés émergents demeurent attractives.
Qu’est-ce qui caractérise votre approche de gestion ?
Notre point de départ est simple : les marchés valorisent régulièrement de manière imparfaite les fondamentaux des entreprises. Nous cherchons à identifier ces inefficiences en construisant notre propre vision à long terme des flux de trésorerie, des bénéfices et des rendements, puis en la comparant aux attentes déjà intégrées dans les valorisations.
Cette approche disciplinée est restée inchangée au fil du temps. Elle repose sur une analyse fondamentale rigoureuse, menée entreprise par entreprise, avec pour objectif d’identifier des modèles économiques durables capables de générer de la valeur sur le long terme.
Avec le recul, quels sont les événements ou thèmes qui vous ont le plus marqué ?
L’essor rapide de l’intelligence artificielle générative a constitué l’un des thèmes majeurs de ces dernières années. Plutôt que de nous concentrer uniquement sur les entreprises développant des modèles d’intelligence artificielle, nous avons privilégié celles qui participent à sa monétisation à travers des cas d’usage concrets, notamment les fabricants de puces de connectivité sans fil, les concepteurs de semi-conducteurs et les producteurs de mémoires.
Plus largement, les marchés émergents ont fait preuve d’une remarquable résilience. Cette classe d’actifs a progressé de 34 % en 2025 et gagnait encore près de 15 % depuis le début de l’année à fin avril 2026, malgré un environnement marqué par les tensions géopolitiques. Dans le même temps, les valorisations demeurent attractives, avec une décote d’environ 40 % par rapport au S&P 500[1].
Quels éléments de votre philosophie d’investissement sont restés constants depuis le lancement de la stratégie ?
Notre philosophie est restée inchangée. Nous considérons les flux de trésorerie comme l’un des indicateurs les plus pertinents de la qualité d’une entreprise. C’est pourquoi nous qualifions notre approche de « suivi des flux de trésorerie ». Cette discipline nous permet de confronter le discours des dirigeants à la réalité des résultats financiers et de nous concentrer sur des sociétés aux fondamentaux solides.
Nous considérons également le revenu comme une composante essentielle, souvent sous-estimée, de la performance totale des marchés émergents. Cette classe d’actifs a considérablement évolué : plus de la moitié des entreprises émergentes offrent aujourd’hui un rendement du dividende supérieur à 3 %[2]. Depuis 2010, la proportion de sociétés versant des dividendes est même devenue plus élevée dans les marchés émergents que dans les marchés développés, atteignant près de 87 %[3][4].
Pour les investisseurs, cela signifie que revenu et croissance ne sont pas opposés, mais peuvent constituer deux moteurs complémentaires de création de valeur.
Comment cette approche a-t-elle évolué au fil du temps ?
Si notre philosophie est restée constante, le cadre de gestion a évolué. Nous avons mis en place il y a près d’une décennie une organisation en « pods » afin de renforcer la responsabilisation des équipes et d’améliorer la discipline de construction des portefeuilles.
Cette évolution a permis de renforcer notre dispositif de contrôle des risques. Avec le soutien des équipes dédiées aux risques et aux processus d’investissement, chaque pod examine régulièrement les expositions, les corrélations et différents scénarios macroéconomiques à l’aide de notre outil propriétaire de gestion des risques actions. Cette démarche assure un lien permanent entre la sélection des titres et la construction du portefeuille tout en maintenant une gestion rigoureuse des risques.
Quels enseignements tirez-vous de la gestion d’une stratégie « income » émergente à travers différents cycles de marché ?
L’un des enseignements les plus importants est la nécessité de maintenir un équilibre. Notre approche associe des entreprises offrant une croissance durable des dividendes à des sociétés affichant des rendements élevés, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur un seul style d’investissement.
Cette combinaison contribue à construire un profil de performance plus robuste à travers les cycles de marché.
Certaines périodes peuvent néanmoins s’avérer moins favorables, notamment lorsque les investisseurs privilégient des sociétés en phase de démarrage qui ne génèrent pas encore de flux de trésorerie ou, à l’inverse, des entreprises confrontées à un déclin structurel mais paraissant attractives sur la base de leur valorisation. Historiquement, ces épisodes ont toutefois été temporaires. À long terme, les marchés ont tendance à revenir aux fondamentaux et à la capacité des entreprises à générer durablement des flux de trésorerie.
Quel rôle les revenus ont-ils joué dans la performance et la résilience de la stratégie depuis son lancement ?
Le revenu a contribué de manière significative à la performance globale de la stratégie depuis sa création en 2012. Nous visons généralement un niveau de distribution supérieur à celui de l’indice de référence.
Au-delà de leur contribution directe à la performance, les distributions permettent également d’atténuer la volatilité du profil de rendement. Elles constituent une source de performance tangible pendant que les investissements de long terme réalisent progressivement leur potentiel.
À nos yeux, ces revenus reposent sur des entreprises caractérisées par des flux de trésorerie solides et une allocation disciplinée du capital, ce qui les rend potentiellement plus durables que conjoncturels.
Comment les investisseurs utilisent-ils généralement ces actions émergentes dans leurs portefeuilles ?
Les investisseurs utilisent souvent ces stratégies comme exposition principale aux marchés émergents, complétée par des allocations satellites davantage orientées vers la croissance ou certaines thématiques spécifiques.
Cette approche répond à la recherche d’un profil de performance plus équilibré dans une classe d’actifs qui peut connaître des phases de volatilité importantes.
Nous observons également un intérêt croissant pour la gestion active. Nous pensons que la combinaison d’un revenu régulier et d’une sélection rigoureuse des titres permet d’offrir un profil de performance plus équilibré, particulièrement apprécié par les investisseurs recherchant à la fois résilience et potentiel de croissance à long terme.
Quels retours d’investisseurs vous ont le plus marqué au fil du développement de la stratégie ?
Les investisseurs soulignent régulièrement la rigueur et la reproductibilité de notre processus d’investissement. Ils mettent également en avant l’étendue de notre plateforme de recherche, qui rassemble près de 50 professionnels de l’investissement répartis sur sept implantations dans le monde, apportant expertise locale et accès direct aux équipes dirigeantes des entreprises.
La construction du portefeuille est également fréquemment citée comme un point fort. En combinant des entreprises affichant une croissance durable de leurs dividendes, lesquels ont progressé d’environ 12 % par an dans les marchés émergents depuis le début des années 2000[5], avec des sociétés offrant des rendements élevés, nous construisons un portefeuille diversifié capable de s’adapter à différents environnements de marché.
Associée à un niveau maîtrisé de risque actif, cette approche a permis de bâtir un profil de performance que les clients jugent à la fois robuste et relativement régulier dans le temps.
Où identifiez-vous aujourd’hui les opportunités les plus intéressantes et les principaux risques ?
Malgré les récentes tensions géopolitiques, nous restons constructifs sur les perspectives des marchés émergents. Les grandes tendances structurelles qui soutiennent le cycle actuel demeurent intactes : hausse des investissements en capital à l’échelle mondiale, développement des infrastructures liées aux centres de données, augmentation des dépenses de défense, décarbonation de l’économie et diversification des chaînes d’approvisionnement.
Les marchés émergents occupent une place centrale dans la plupart de ces évolutions.
Selon nous, cet environnement reste particulièrement propice aux investisseurs actifs capables d’identifier des entreprises présentant des flux de trésorerie solides, des bénéfices résilients et des rendements durables.
Conclusion
La force de notre approche repose sur une philosophie d’investissement constante, centrée sur les flux de trésorerie, et sur une construction de portefeuille équilibrée. Alors que les marchés émergents continuent d’évoluer, cette discipline demeure au cœur de notre stratégie pour identifier les opportunités, gérer les risques et créer de la valeur sur le long terme.
- MSCI, Bloomberg, LPL Research, Aberdeen, Avril 2026.
- Factset, Jefferies Equity Research, Avril 2026.
- Factset, Jefferies Equity Research, 31 mars 2026.
- Factset, Jefferies Equity Research, 31 mars 2026.
- Factset, Jefferies Equity Research, 31 mars 2026.




