Vues et perspectives
ObligationsPourquoi le juste équilibre compte sur les marchés obligataires
Les investisseurs obligataires sont confrontés à un dilemme récurrent : privilégier la sécurité ou rechercher davantage de rendement. Existe-t-il une voie intermédiaire ?
Author
Lewis Parkhouse
Investment Specialist

Duration: 7 Min
Date: 31 août 2026
Pour de nombreux investisseurs, le marché obligataire semble offrir un choix simple. Les obligations « investment grade » offrent une plus grande sécurité, mais des rendements généralement plus faibles. Les obligations à haut rendement offrent un potentiel de revenu plus élevé, mais s’accompagnent d’un risque de crédit plus important et de fluctuations de cours plus marquées.
Il existe toutefois une voie médiane.
Une stratégie de crédit mondiale mixte peut combiner différentes sources de revenus obligataires au sein d’un même portefeuille. L’objectif n’est pas de maximiser le rendement en prenant autant de risques que possible, mais de constituer un noyau solide de titres de crédit de meilleure qualité, d’y ajouter de manière sélective des opportunités offrant des rendements plus élevés et d’ajuster le risque global du portefeuille en fonction de l’évolution des conditions de marché.
Commencer par un noyau solide de titres de crédit
Les notations de crédit donnent une indication de la capacité d’un émetteur à honorer ses obligations financières. Les notations « investment grade » vont de AAA à BBB, tandis que les obligations à haut rendement commencent à BB et s’étendent aux émetteurs moins bien notés, tels que B et CCC.
La zone où les notations BBB rejoignent les notations BB est souvent appelée « crédit crossover ». Elle peut constituer une base intéressante pour un portefeuille obligataire, car les émetteurs notés BBB et BB sont souvent des entreprises bien établies, ayant accès au financement et ayant fait leurs preuves dans la gestion de leurs activités dans des contextes économiques variés.
Leurs obligations offrent généralement des rendements plus élevés que les titres de dette « investment grade » mieux notés, sans pour autant obliger les investisseurs à se tourner vers les segments les plus fragiles du marché « high yield », où se sont concentrés les défauts de paiement historiques. Sur les 25 années s’étendant jusqu’au 30 juin 2026, une combinaison hypothétique à parts égales (50/50) d’indices mondiaux d’obligations BBB et BB a généré un rendement cumulé proche de celui du marché mondial « high yield », mais avec une volatilité annualisée nettement inférieure.
Sur le long terme, les émetteurs notés BBB et BB ont affiché des taux de défaut (défauts de paiement) nettement inférieurs à ceux du marché global des obligations à haut rendement. Les défauts ne constituent pas une mesure exhaustive du risque, mais cette comparaison montre que la relation entre rendement et risque n’est pas linéaire.
Graphique 1 : Rendements comparables à ceux des obligations à haut rendement
Graphique 2 : Taux de défaut comparables à ceux des titres « investment grade »
Graphique 3 : Un risque inférieur à celui des obligations à haut rendement
En termes simples, les investisseurs pourraient être en mesure de bénéficier d’une hausse significative des rendements avant d’atteindre la partie la plus vulnérable du marché du crédit.
Ajouter de manière sélective des segments plus rémunérateurs
Les titres de crédit « crossover » peuvent constituer la base du portefeuille, mais ils ne doivent pas nécessairement être la seule source de rendement.
Une stratégie mondiale flexible peut également investir de manière sélective dans des domaines tels que les obligations d’entreprises moins bien notées, la dette des marchés émergents, les obligations de banques et d’assureurs spécialisés, ainsi que les obligations hybrides d’entreprises qui combinent les caractéristiques de la dette et des actions. Ces investissements peuvent potentiellement augmenter le rendement et le potentiel de rendement du portefeuille.
L’essentiel est de les considérer comme des compléments sélectifs plutôt que de les laisser dominer le portefeuille.
Lorsque les cours semblent attractifs et que les entreprises sous-jacentes se renforcent, il peut être judicieux de détenir davantage de ces opportunités à rendement élevé. Lorsque le rendement supplémentaire semble trop faible par rapport aux risques, l’exposition peut être réduite.
Cette flexibilité est importante. Une stratégie de crédit mondiale mixte doit pouvoir ajuster ses expositions à mesure que les conditions de marché et les valorisations évoluent. Chaque position doit justifier sa place en fonction de son rendement, de sa valorisation, de ses fondamentaux sous-jacents et de sa contribution au risque global du portefeuille.
Gérer activement le risque
L’équilibre entre revenu et risque ne doit pas rester figé, car les conditions de marché évoluent. Lorsque les valorisations sont attractives, une stratégie flexible peut accroître l’exposition aux opportunités offrant un rendement plus élevé. Lorsque le rendement supplémentaire ne compense plus suffisamment les risques, elle peut adopter une approche plus prudente.
Cela peut impliquer de réduire les titres de crédit de moindre qualité ou d’augmenter l’exposition aux liquidités et aux obligations d’État arrivant bientôt à échéance, afin de réduire la sensibilité du portefeuille à un affaiblissement général du marché. L’objectif n’est pas d’éviter totalement la volatilité du marché, mais de veiller à ce que les risques pris restent proportionnés au rendement potentiel.
Pourquoi il est important d’adopter une approche mondiale
Une approche mondiale élargit l’éventail des opportunités parmi les émetteurs, les secteurs, les régions et les différents types d’obligations, chacun offrant son propre équilibre entre revenu et risque. Elle permet à un gérant actif de comparer des risques similaires sur différents marchés et d’investir là où le rendement potentiel semble le plus attractif.
Cela est important car aucun marché ne présente systématiquement le meilleur équilibre entre rendement et risque. À différentes étapes du cycle économique, des opportunités peuvent se présenter sur les obligations d’entreprises européennes, le crédit américain, les émetteurs asiatiques, les marchés émergents ou des domaines spécialisés tels que la dette financière subordonnée.
S’ouvrir à l’international n’élimine pas le risque. Les marchés du crédit peuvent présenter une forte corrélation en période de tension, tandis que les marchés émergents peuvent être plus sensibles aux évolutions politiques, aux fluctuations monétaires et aux changements de sentiment des investisseurs.
Toutefois, un mandat véritablement mondial réduit la dépendance vis-à-vis d’un seul marché national et offre davantage de possibilités en matière de sélection des émetteurs et des titres. Une analyse approfondie peut aider à identifier les entreprises et les obligations individuelles offrant le meilleur équilibre entre rendement et risque, en s’appuyant sur une vision plus large de l’économie, de la politique des banques centrales, des valorisations et du cycle de crédit.
Une source de revenus obligataires plus équilibrée
Pour les investisseurs prêts à accepter un risque de crédit plus élevé que celui d’un portefeuille traditionnel « investment grade », un portefeuille mixte de crédit mondial peut potentiellement servir d’allocation de base ou constituer une alternative plus mesurée à un investissement purement « high yield ».
Cette approche vise à améliorer l’équilibre entre les titres «investment grade» et à haut rendement en combinant un noyau de titres de crédit de meilleure qualité, des sources sélectives de rendement supplémentaire, une large diversification mondiale et un contrôle actif de l’exposition globale au marché.
Ces principes sous-tendent également la stratégie Global Income Bond d’Aberdeen. Le portefeuille investit sur l’ensemble des marchés obligataires mondiaux, des obligations «investment grade» et à haut rendement à la dette des marchés émergents, en mettant l’accent sur ce que nous appelons le «sweet spot» du crédit mondial : les obligations d’entreprises notées BBB et BB-. L’objectif est de générer un niveau attractif de revenus et de rendements à long terme tout en conservant un profil de risque plus proche des titres «investment grade» que des marchés traditionnels à haut rendement.
Ainsi, les investisseurs n’ont pas à considérer les obligations comme un choix binaire entre sécurité et revenu. Un portefeuille de crédit mondial soigneusement construit peut offrir une voie plus équilibrée : un potentiel de revenu plus élevé, sans pour autant s’appuyer sur les segments les plus risqués du marché obligataire.





